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pictoUne "terrible tique de Dracula", contemporaine des dinosaures. retrouvée gorgée de sang.

15/12/2017
Les gisements d'ambre de Birmanie sont riches en petits animaux fossilisés, ici des tiques. E.PENALVER.

Des chercheurs ont découvert quatre tiques parfaitement conservées dans l'ambre. L'une d'elle est gonflée de sang, une autre a été retrouvée prise avec une plume de dinosaure.

 

Ce n'est pas encore Jurassic Park, mais cela s'en approche un peu. Une tique gorgée de sang prise dans l'ambre a été découverte en Birmanie. Ce fossile d'acarien est vieux de 99 millions d'années et donc contemporain des dinosaures. Il avait déjà été présenté il y a quelques années à une conférence de paléontologie, rapporte le site de la revue Science. À l'époque, Scott Anderson, un collectionneur d'ambre, espérait en extraire de l'ADN lisible, à l'instar du milliardaire de Jurassic Park qui extrayait l'ADN du sang de moustiques pris dans l'ambre pour redonner vie aux dinosaures. Sans succès, évidemment. Il serait extrêmement surprenant que de l'ADN puisse survivre aussi longtemps sans se dégrader.

 

On ne saura probablement jamais si l'ultime repas de cette tique était donc bien fait de sang de dinosaures. Mais cela n'est pas impossible. Trois autres tiques découvertes dans le même gisement présentent en effet des indices en ce sens. Deux sont de la même espèce, baptisée par les chercheurs qui publient l'analyse de tous ces spécimens dans Nature communications cette semaine, Deinocroton draculi, soit littéralement «la terrible tique de Dracula». Ils portent en effet des poils de larves de coléoptères similaires à ceux qui colonisent aujourd'hui les nids d'oiseaux ou de mammifères. Le scénario le plus probable est que ces tiques sont passées par un nid de dinosaures à plumes, estiment les chercheurs.

 

Mais c'est un troisième fossile qui représente le clou de cette recherche: une tique d'une autre espèce, Cornupalpatum burmanicum, retrouvée prise dans l'ambre avec une plume de dinosaure. «Il est extrêmement rare de retrouver un parasite fossilisé avec son hôte de cette façon», analyse André Nel, paléoentomologiste au Muséum national d'histoire naturelle. C'est la première preuve tangible que les tiques s'en prenaient aux dinosaures. En l'occurrence, difficile de dire à quoi ressemblait cet hôte mais «il ne devait pas être beaucoup plus gros qu'un poulet», estime André Nel.

 

Les tiques, connues pour s'accrocher à la peau et transmettre de nombreuses maladies, ne sont pas les seuls suceurs de sang à s'en être pris aux dinosaures. Ces derniers étaient probablement déjà la proie de puces géantes capables de mordre dans leur peau épaisse il y a plus de 150 millions d'années. Ces dernières, découvertes en Chine, mesuraient 2 cm de long (les plus grandes puces actuelles atteignent pénible les 5 mm). Des moucherons hématophages vivaient également en ces temps reculés. «Tous ces parasites suceurs de sang sont probablement aussi vieux que l'apparition des poils et des plumes il y a 200 millions d'années environ», rappelle André Nel.

 

Le Figaro. Tristan VEY .